CONTRIBUTION | LE SYSTEME SKD : UNE ETAPE VERS DES PRODUITS ‘’ MADE IN ALGERIA’’  --واد كنيس الجديد

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Thursday, November 14, 2019

CONTRIBUTION | LE SYSTEME SKD : UNE ETAPE VERS DES PRODUITS ‘’ MADE IN ALGERIA’’  --واد كنيس الجديد


Contribution du professeur Ali YOUSNADJ, Docteur ingenieur en Génie mécanique, Ingénieur Enita et Docteur ingénieur ENSAM fonctionnaire en Retraite

Préambule / Définition

‘’ SKD est l’acronyme de l’expression anglaise : Semi knocked down. C’est une technique qui consiste pour une entreprise à exporter des produits assemblés partiellement soit à ses licenciés-partenaires, soit à ses filiales industrielles. Le but est d’éviter des droits de douane élevés et conserver la valeur ajoutée technologique chez l’exportateur.’
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Analyse du contexte

Partant de cette définition de la formule SKD, consignée dans le glossaire international, accessible à tous et certainement connue de ceux qui ont construit la décision ayant prévalu à son choix ; de multiples questions viennent à l’esprit ;

1. Pourquoi cette préférence de la voie SKD pour initier la dynamique de développement industriel du pays qui doit permettre, à terme, la conception et la production locale de biens propriétaires ? Il est pourtant évident qu’il s’agit là d’une prise de départ lointaine dans le processus d’intégration technologique et qui, par ailleurs, pèse fortement sur les finances publiques ;

2. Les exemples de pays ayant emprunté la même voie ont-ils pesé sur le choix de cette option ? Chacun a eu un point de départ et des conditions internes et externes spécifiques. Les expériences ne sont pas transposables. Certains pays ont certes initié leur entrée industrielle par la mise en place de chaines de montages mais en appui sur une forte disponibilité de main d’œuvre non qualifiée et pour une production orientée ’export dès le départ.

3. Avons-nous tiré toutes les bonnes conclusions de la formule ’’ produit en main’’ qui a porté l’ambition nationale d’un rattrapage technologiques des années 70 pour la disqualifier et lui tourner le dos aujourd’hui ? Le constat d’échec, qui lui est imputée en première vue, ne trouverait-il pas plutôt ses raisons dans le fait que le processus n’ait pas été mené à terme ? Les raisons sont multiples. On peut y citer les effets pervers d’un système économique fermé, l’absence de compétences techniques métiers, le choc de la crise économique des années 80 , la décennie noire qui lui a emboité le pas et secoué les fondements même de l’état algérien … . L’aisance financière n’est venue que vingt ans plus tard pour trouver des équipements en fin de potentiel et dont les produits sont déclassés face à la concurrence violente imposée par l’importation tout azimut. Importation qui a servi de pouponnière au secteur privé.

4. La réflexion qui a prévalu au choix de la voie SKD a-t-elle conclu que notre développement industriel doit démarrer du dernier maillon du processus de production : celui du montage (SKD) ? Celui-ci ne vient pourtant qu’en fin de processus et pour parachever la phase fabrication en série qui n’est elle-même que la dernière étape (TRL 09 ) de l’ échelle de maturation des nouveaux produits. A titre d’information l’Echelle des TRL (TRL : Technology Readiness Level) compte neuf niveaux qui jalonnent le processus de transformation d’une idée en produit ; elle fait l’objet d’une norme et chaque niveau peut encadrer le livrable contractuel attendu de la phase du développement d’un projet.

5. Dans le même temps, l’état dépense des sommes faramineuses pour former des cadres universitaires qui resteront chômeurs ou sous employés dans ‘’l’industrie du montage strict’’ qui ne peut être gourmande qu’en main d’œuvre non qualifiée. Cette disponibilité de cadres ne milite-t-elle pas pour une stratégie industrielle plus ambitieuse ? A défaut, elle reste un atout central qui doit peser dans les phases suivantes de pénétration technologique vers les niveaux amont aux opérations de montage : l’intégration partielle et progressive.

6. Certes, le pays a eu l’audace d’acquérir des complexes de fabrication intégrés (moteurs thermiques et électriques, tracteurs agricoles, camions, électroménagers,) quand on avait un manque flagrant de diplômés et il semble difficile d’admettre qu’il faille se retrancher aujourd’hui, plus de 40 ans après, sur des simples opérations de montage partiel alors que des milliers de diplômés sont au chômage ou sous employés. Des raisons fortes ont nécessairement porté ce choix qui semble à contresens ?

Les éléments qui militent en faveur du système SKD

Le choix du système SKD semble être une option de prudence qui obéit à d’autres considérations qui tiennent plus de la spécificité du contexte national que des difficultés techniques. La nature des opérateurs potentiels, qui sont des privés pour l’essentiel, a fortement pesé sur ce choix ; le processus d’industrialisation a besoin de leur adhésion. Elle aurait été fortement hypothétique si on leur avait imposé de muer d’une démarche purement commerciale et à fortes rotations de capital à une logique d’entreprise. Une logique d’entreprise qui oblige à mobiliser des investissements lourds sur des durées longues, dans un contexte de manque de maitrises métiers et d’une projection marché non cernée.
Sur un plan concomitant, le déploiement d’un complexe de production demanderait plusieurs années avant l’entrée en production. Cette durée aurait été une voie ouverte à la poursuite de l’importation et de la vente en l’état. Une démarche d’investissements publics avec un nombre de partenaires réduit aurait changé la donne : une vision plus ambitieuse portée par une maitrise publique des risques aurait été possible.

Par ailleurs, la durée de vie des produits est volatile et cette obsolescence rapide milite en faveur de l’option SKD ? Celle-ci , venant un simple un cran en dessous de l’importation pure et simple, autorise une flexibilité maximale. Sur le plan capacitaire, les moyens humains et matériels à réunir sont plus accessibles. Les opérations de montage viennent enfin comme une étape naturelle et irréfutable après la maitrise des circuits de commercialisation et du service après-vente qui concentrent l’essentiel des activités des opérateurs potentiels.
La phase montage est aussi en position charnière entre le processus de production d’un bien et sa mise sur le marché. C’est une phase majeure, techniquement pertinente, qui cumule toutes les exigences de qualité et de respect des normes du produit. La qualification des intrants, la maitrise des approvisionnements et la qualification finale du produit sont autant de capacités non négligeables qui, une fois acquises, peuvent porter la bataille de l’intégration sur les segments accessibles.
Au vu de ce qui précède, le choix de la voie SKD est un choix de raison. Il resterait à confronter l’argumentaire développé aux exigences de chaque filière industrielle pour fixer des objectifs opérationnels cibles et les échéances. Il resterait aussi à le mettre à l’épreuve du terrain. La question de fond demeure : ‘’Le système ‘’ SKD ou CKD’’ a-t-il une chance de produire les effets attendus par les pouvoirs publics et la société ? Ceux-ci sont multiples et doivent concerner l’appropriation technologique, la réduction des coûts des produits, la création d’emploi et, … ,à terme, des produits ‘’ made in Algéria’’ compétitifs.

Le Ministère de l’industrie ne risque- t-il pas d’avoir à gérer des opérateurs volatiles qui envisagent déjà l’option du dépôt de bilan une fois qu’ils auraient épuisés les artifices comptables qui permettent de contourner les obligations du cahier des charges. Au vu du nombre d’opérateurs qui continuent de déposer des demandes d’agrément cette hypothèse est plus que plausible. Aussi, Les comités de suivi du respect effectif des obligations d’intégration technologiques vraie doivent être vigilants et des mesures de rétorsion sont à prévoir.
Les opérateurs de bonne foi, et il y en a sans aucun doute, ne demandent qu’à rester à demeure, dans l’activité qu’ils ont choisie et de continuer à prospérer dans un climat de sérénité et d’engagement honoré. Ceux-là vont saisir l’opportunité de la phase SKD pour en maitriser tous les leviers et aller rapidement vers les étapes d’intégration technique pour se construire une résilience face aux fluctuations du prix du baril du pétrole.
Les pistes à explorer pour amorcer un processus d’appropriation

Le coup est donc parti et dans plusieurs secteurs de l’industrie nationale. Le ministre de l’industrie a réaffirmé à maintes reprises le caractère irréversible du processus engagé. Le débat ne peut porter que sur les voies et les moyens permettant de mener le processus vers l’objectif assigné : l’appropriation des technologies concernées.
D’abord est-ce possible ? Comment canaliser les opérateurs sur cette voie ?

Je pense, pour ma part, que c’est techniquement possible à condition que chaque filière soit traitée selon ses spécificités. Dans chaque cas, une vision claire est nécessaire pour réunir progressivement les conditions d’une mue d’une étape à une autre. Trois phases semblent incontournables

1. En phase une : réussir une pleine appropriation de tout ce qui concerne cette phase ‘’SKD’’ et ne pas s’y’éterniser par confort, par oubli ou forcé par la fréquence de changement des modèles chez le partenaire ;
 Le changement fréquent de modèles génère des coûts et empêche le cumul dans la maitrise des opérations de la phase SKD : compétence préalable à la dynamique d’intégration.

2. En phase deux : L’entreprise locale (en partenariat et non une filiale) doit construire les conditions de sa prise d’autonomie progressive par rapport à la maison mère. Le partenariat ne doit pas être vu comme une répartition des tâches- le développement et la fabrication se font outre-mer et le montage- vente en Algérie- et un tutorat Ade mortem mais comme une voie vers l’émergence d’une entité, mixte mais souveraine, capable de prendre en main son destin ;

3. En phase trois : se déployer selon trois directions :
• Accélérer le processus de prise en main et aller vers plus d’intégration, et autant que les clauses contractuelles le permettent, dans le(s) modèle(s) en cours de montage,
• Améliorer les produits en cours avec pour cible le seul marché local et sans prétention à l’export vers les pays développés ; même s’il faut décliner les modèles ainsi concernés sous d’autres dénominations ( une sous marque) ;
• Se doter de capacités nécessaires et co-développer localement avec le partenaire un produit hors gamme ( sous marque) destiné à des parts de marchés, national et international, non couvertes par les modèles de la maison mère.

Conclusion :

Toutes les options de choix ont un potentiel vertueux. Une stratégie, quelle qu’elle soit, ne peut cependant produire son plein effet que si elle est menée au terme de sa logique avec la matérialisation de la succession de ses objectifs opérationnels. Le temps reste le paramètre central. Il convient de faire vite car, avec la formule SKD, on a commencé au plus bas niveau technologique et le chemin est long : on doit remonter toute la chaine des capacités humaines et matérielles qui permettent de développer des produits propriétaires.
L’adhésion pleine des opérateurs est indispensable. Ils doivent se préparer à sortir de l’ombre du parapluie public pour aller résolument vers une logique d’entreprises capables de prendre en main leurs destins dans un marché national réouvert à l’importation et d’afficher des prétentions crédibles sur un nombre de marchés internationaux avec une offre de produits ‘’made in Algeria’’..

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